Date de publication initiale : 13 avril 2021
Mis à jour le 17 août 2021
Les lignes de démarcation se dessinent entre ceux qui soutiennent et ceux qui s’opposent à une forme ou une autre de passeport vaccinal. À l’Association canadienne des libertés civiles, nous avons toujours mis en garde contre toute tentative du gouvernement canadien d’imposer la divulgation publique de renseignements médicaux privés. Mais cela ne signifie pas que nous nous opposons simplement à cette mesure sans débat. Notre rôle consiste plutôt à informer le public sur ses droits et libertés ainsi que sur l’équilibre nécessaire entre liberté et bien public, en plus de militer contre les lois inconstitutionnelles. Lorsque des personnes raisonnables peuvent diverger sur ce qui constitue clairement le « bien public » en question, un débat animé est inévitable. Lorsqu’il a lieu après une année de sacrifices, d’isolement, de difficultés économiques pour certains et de privilèges relatifs pour d’autres, il risque de dégénérer. Mais tout débat de qualité repose sur des faits, et il est devenu de plus en plus évident, à mesure que les discussions sur la preuve de vaccination (communément appelée « passeport vaccinal ») se poursuivent, que les faits font défaut. C’est donc dans cet esprit que l’ACLC propose la FAQ suivante.
« Qu’on instaure le passeport vaccinal », déclare un camp
Les partisans des passeports vaccinaux obligatoires affirment que tout ce qui peut être fait pour réduire potentiellement les infections au COVID-19 doit être mis en œuvre. Si nous portons des masques pour protéger les autres, pourquoi ne serions-nous pas disposés, de la même manière, à prouver notre statut vaccinal ? Cette année a été marquée par des mesures exceptionnelles visant à contrôler et à surveiller le comportement humain, allant des applications de traçage des contacts à la cartographie thermique des lieux de rassemblement, en passant par des lignes téléphoniques permettant de dénoncer les « covidiots » et un large éventail de recommandations et de restrictions légales sur les activités. Certaines de ces mesures ont sans doute été nécessaires et proportionnées, d’autres moins, et le désaccord persiste quant à savoir lesquelles relèvent de quelle catégorie. Les partisans du passeport vaccinal fondent leur soutien sur le fait que les personnes entièrement vaccinées sont moins susceptibles d’être hospitalisées même si elles sont infectées, ce qui rend les grands rassemblements moins risqués pour la santé publique.
Selon une autre source, les passeports vaccinaux pourraient faire plus de mal que de bien
Les opposants aux passeports vaccinaux soulignent que la preuve de vaccination n’est pas synonyme d’immunité, et ils mettent en garde contre la discrimination et l’atteinte à la vie privée. Les passeports proposés ont pour objectif explicite de rendre publiques des décisions privées concernant notre santé. Tout comme certaines communautés et certains groupes de personnes — les Noirs, autochtones, les nouveaux arrivants, les personnes pauvres, les personnes âgées — ont été touchés de manière disproportionnée par le virus, ils pourraient l’être tout particulièrement par cette forme de surveillance très publique et généralisée, car le racisme systémique pourrait influencer les choix des prestataires de services et d’autres acteurs quant aux personnes à qui exiger une « preuve » et à qui refuser l’accès, en particulier en l’absence d’un régime juridique strict régissant leur utilisation. Pour les personnes qui, pour des raisons médicales ou religieuses, ne peuvent pas se faire vacciner, les risques de discrimination fondés sur leur identité ou leur situation soulèvent des préoccupations évidentes et importantes en matière de droits. Pour ceux qui se situent du côté du « non » dans ce débat, les passeports vaccinaux comportent des risques en matière d’accessibilité et d’égalité.
Quelle est la position de l’ACLC ?
Les gouvernements qui choisissent de mettre en place des certificats de vaccination (actuellement le Manitoba et le Québec) doivent envisager et mettre en place des mécanismes juridiques et réglementaires de responsabilisation afin de garantir des aménagements concrets pour les personnes qui ne peuvent pas se faire vacciner pour des raisons médicales ou pour d’autres motifs couverts par le code des droits de la personne applicable. La mise en œuvre doit respecter la vie privée, être sécurisée, avoir un objectif unique (la santé publique uniquement) et n’intervenir qu’après que chaque résident ait eu un accès équitable et effectif aux possibilités de vaccination dans le quartier où il vit ou travaille, ainsi qu’à une éducation ou à des informations sur la vaccination, s’il le souhaite, dans une langue qu’il comprend. Les systèmes ne doivent pas être exclusivement numériques, ce qui aggraverait les inégalités. Tout outil numérique doit être décentralisé et open source, et ne pas faciliter le suivi individuel. L’utilisation de tels outils doit être limitée dans le temps et leurs impacts doivent faire l’objet d’évaluations itératives et accessibles au public en matière de droits de la personne.
Qu'est-ce qu'un passeport vaccinal ?
Un certificat de vaccination atteste que vous avez été vacciné contre une infection contagieuse. Il s’agit d’un document que vous conservez, sous forme papier ou numérique, et que vous pouvez être amené à présenter aux autorités compétentes sur demande afin d’accéder à un service ou d’entrer dans un lieu.
Bien que ces termes soient parfois utilisés de manière interchangeable, un passeport vaccinal est similaire, mais légèrement différent d’un « passeport immunitaire », qui inclurait des informations sur les infections passées au COVID-19, partant du principe que les personnes qui ont été infectées et se sont rétablies bénéficient d’une certaine immunité contre une réinfection.
Quel est le précédent ?
Il existe quelques précédents « presque similaires » qui s’appliquent dans des contextes particuliers. Le plus souvent cité est le carnet jaune créé par l’Organisation mondiale de la santé, que les voyageurs doivent avoir sur eux et présenter à leur arrivée dans certains pays pour prouver qu’ils ont été vaccinés contre la fièvre jaune. À l’heure actuelle, la fièvre jaune est la seule maladie spécifiquement visée par le Règlement sanitaire international (voir l’annexe 7). Le Canada en est signataire, tout comme 195 autres pays.
Certaines provinces canadiennes (l’Ontario, le Nouveau-Brunswick et la Colombie-Britannique) exigent que les écoles reçoivent une preuve de vaccination des enfants contre des maladies contagieuses ou dangereuses, notamment la rougeole, les oreillons et la rubéole (vaccin ROR) ainsi que la diphtérie, le tétanos et la coqueluche (vaccin DTaP). Dans tous les cas, les parents ont la possibilité de ne pas fournir cette preuve pour des motifs religieux ou en raison d’une objection de conscience.
Aucune de ces deux solutions ne correspond tout à fait au passeport vaccinal tel qu’il est actuellement proposé, dans la mesure où un tel passeport serait en principe exigé dans un large éventail de contextes, où les risques et les avantages varient, et où son interprétation ne relèverait pas d’acteurs institutionnels réglementés (une agence des frontières, une commission scolaire) mais par un large éventail d’acteurs des secteurs privé et public (allant du commerçant au contrôleur de billets de concert, en passant par le chauffeur de taxi ou l’opérateur de transport en commun, potentiellement). En d’autres termes, cette mesure ne serait pas ciblée, spécifique et vérifiable, mais omniprésente, variable et diffuse.
Pourquoi exiger un passeport vaccinal ?
Tout d’abord, il est important de noter qu’il existe une différence entre un certificat national de vaccination destiné à faciliter les voyages internationaux et un passeport sanitaire national permettant d’accéder à des services de loisirs ou à des services essentiels dans notre vie quotidienne.
Sur le plan international, la présentation d’une preuve de vaccination devrait devenir une exigence découlant d’un consensus mondial, et le gouvernement fédéral participe aux efforts internationaux visant à garantir que les Canadiens puissent se voir délivrer un certificat conforme à la norme internationale qui finira par s’imposer. Il a annoncé son projet de créer un tel certificat en août 2021, bien que l’on ignore encore quand celui-ci sera disponible.
L’argument en faveur d’un passeport sanitaire national est qu’il facilitera un retour plus rapide et plus sûr au mode de vie d’avant la COVID-19, en permettant d’identifier les personnes jugées « sûres » pour participer à la vie publique, soit parce qu’elles ont déjà contracté la maladie, soit parce qu’elles ont été vaccinées et ont ainsi développé des anticorps contre la COVID-19. Les utilisations suggérées vont de la reprise des déplacements interprovinciaux sans obligation de quarantaine ni de tests avant ou après l’arrivée, à la réouverture de rassemblements de grande envergure tels que les événements sportifs ou les concerts, en passant par la participation à la vie quotidienne, notamment la fréquentation d’un restaurant, d’un cinéma, d’une salle de sport ou d’un magasin. L’hypothèse implicite est que les gens hésiteront à reprendre pleinement le niveau d’activité d’avant la pandémie sans certaines garanties de sécurité, et que cette hésitation entravera la reprise économique à moins qu’il n’existe un outil permettant d’atténuer le risque perçu. L’hypothèse correspondante est que le fait de savoir que les personnes qui nous entourent ont été vaccinées contribuera de manière significative à notre propre sentiment de sécurité.
Quels sont les inconvénients d'un passeport vaccinal ?
Il existe diverses raisons pour lesquelles le concept de passeport vaccinal soulève des risques pour les droits et libertés qui méritent d’être examinés avec attention, notamment :
Confidentialité : permettre à des entités privées de collecter et d’utiliser des informations médicales personnelles vous concernant constitue une atteinte à la vie privée. Lier la capacité de participer à la vie publique à une forme de surveillance omniprésente ou permanente (« montrez-nous la preuve que vous avez fait un choix socialement acceptable concernant votre santé ») constitue une atteinte au niveau de liberté auquel nous nous attendons dans une démocratie, et doit être soigneusement examinée sous l’angle de la proportionnalité dans le contexte de la pandémie. Si le passeport est numérique ou dispose d’une version numérique, des questions supplémentaires relatives à la confidentialité technique, à la sécurité et à l’accès se posent.
Mobilité : Les Canadiens ont été confrontés à des restrictions sans précédent en matière de déplacements à l’intérieur du Canada, d’une province à l’autre, pendant la pandémie. La mise en place d’un ensemble disparate de certificats ou d’applications de vaccination au niveau des provinces et des territoires ne ferait qu’aggraver le problème.
Égalité : le choix de se faire vacciner n’est pas accessible à tous. Certaines personnes souffrant de pathologies préexistantes ou de handicaps ne peuvent pas se faire vacciner, et on ignore combien de personnes sont concernées, car les vaccins n’ont généralement (ou principalement) été testés, dans le cadre de l’autorisation d’urgence, que sur des adultes en bonne santé. Les personnes vivant avec une maladie chronique ou un handicap comptent parmi celles qui ont le plus besoin de la protection des droits de l’homme pour garantir l’égalité de traitement. Même si le passeport indique simplement « exemption médicale », cette catégorisation peut influencer la manière dont les individus sont traités (même si un tel traitement différencié est techniquement interdit). D’autres préoccupations en matière d’égalité se posent également. Tous les membres de notre société ne courent pas le même risque ni ne disposent des mêmes moyens pour faire face à la pandémie tout en préservant leur santé, leur sécurité et leurs revenus. Les travailleurs de première ligne dans les services et le commerce de détail sont souvent des femmes, des nouveaux arrivants, des personnes racialisées et/ou en situation de précarité financière, et un régime de passeport vaccinal qui subordonne la participation au lieu de travail ou à d’autres activités à la preuve de la vaccination aura un impact disproportionné sur ces personnes qui ont peu de pouvoir social ou politique pour s’y opposer. Le fait de classer socialement les personnes en fonction de leurs décisions personnelles concernant leur santé, qu’elles sont légalement en droit de prendre, risque de créer différents niveaux de liberté pour différentes « catégories » de personnes, un risque susceptible de se recouper avec d’autres inégalités systémiques et d’affecter certains groupes plus que d’autres.
Liberty : les mesures qui font du statut vaccinal une condition préalable à la pleine participation à la vie publique risquent de transformer un régime de vaccination volontaire en un régime de facto obligatoire. Même si l’opinion publique tend à considérer que de telles mesures peuvent être raisonnables en période de pandémie, celles-ci doivent être justifiées de manière rationnelle par un intérêt public démontrable, être justifiables et respecter les droits fondamentaux.
Quelles sont les initiatives actuellement en cours concernant la mise en place d'un passeport vaccinal numérique, et quels seraient les avantages et les risques liés à la numérisation d'un tel passeport ?
Plusieurs initiatives sont déjà en cours pour mettre en place une forme de passeport vaccinal, qu’il s’agisse de s’appuyer sur des outils existants ou de partir de zéro. La ministre canadienne de la Santé, Patty Hajdu, a rencontré les ministres de la Santé des autres pays du G7 le 31 mars 2021 afin de discuter de la possibilité d’une approche coordonnée en matière de passeports vaccinaux, tout en soulignant que le Canada n’envisagerait d’utiliser un tel outil que s’il s’appuyait sur «des preuves scientifiques fiables »et en précisant que la décision de délivrer un tel passeport relèverait de la compétence des provinces et des territoires.
Au niveau international, l’OMS travaille à la mise en place d’un « certificat de vaccination intelligent » et rassemble un consortium d’experts chargé d’élaborer des spécifications indépendantes des logiciels, des normes et un cadre de confiance. Plutôt que de créer une application, elle évaluera les applications développées par des tiers et dressera une liste de celles qui respectent ses normes en matière de sécurité, d’authentification, de confidentialité et d’échange de données.
L’IATA (Association internationale du transport aérien) travaille actuellement sur l’initiative « Travel Pass », une plateforme numérique qu’elle présente comme « une solution mondiale et normalisée permettant de valider et d’authentifier l’ensemble des réglementations nationales relatives aux exigences imposées aux passagers dans le cadre de la COVID-19 ».
L’Union européenne a proposé un «certificat vert numérique »destiné à être utilisé en Europe. Israël a également mis en place un «passeport vert »pendant un certain temps afin de permettre l’accès aux salles de sport et aux hôtels, ainsi que les déplacements vers certaines destinations.
Les risques liés à la mise en place d’un passeport vaccinal numérique sont similaires à ceux de tout outil numérique qui collecte et partage des informations personnelles sensibles, ce qui peut avoir des conséquences importantes pour les personnes concernées. Toutes les préoccupations relatives à la vie privée et aux autres droits identifiées ci-dessus restent d’actualité, que le passeport soit sur papier, en plastique ou numérique, mais le passage au format numérique ajoute une dimension supplémentaire à ces préoccupations en raison des risques liés à la collecte, à la combinaison et à la violation des données.
Les préoccupations vont de la mise en place de mesures techniques adéquates de protection de la vie privée. Les questions sont nombreuses : quelles données sont collectées et utilisées ? D’où proviennent-elles ? Où sont-elles stockées : sur votre appareil ou sur un serveur central ? Comment sont-elles transmises à un demandeur ? Sont-elles authentifiées ? Mises à jour ? Sécurisées ? Sont-elles utilisées simplement pour afficher un titre de légitimation (un peu comme on présente un certificat papier ou une carte d’identité) ou bien sont-elles scannées et enregistrées, et ce scan est-il relié à un identifiant personnel accessible au demandeur ? Un cadre de gouvernance des données approprié aura également une incidence sur le fonctionnement de l’outil dans la réalité : le titre de légitimation est-il lié à un identifiant numérique central ? Cet identifiant – tel qu’un numéro de carte de santé – est-il partagé ou gardé confidentiel après avoir servi à authentifier l’utilisateur et son statut vaccinal ? Comment cette authentification est-elle effectuée ? Qui certifie l’authentification pour les demandeurs externes ? Quels types de liens entre les données sont créés, et quels liens indésirables pourraient être rendus possibles ? Le système comportera-t-il des scores de risque ou des analyses basées sur l’IA ? Il y a d’autres questions, mais cela suffit pour illustrer le propos. Est-ce les gouvernements, un fournisseur du secteur privé ou une collaboration qui crée l’outil, et laquelle de ces parties prenantes a accès aux données collectées sur l’application ? Parallèlement, si le passage au numérique complique les choses, il peut néanmoins être souhaitable pour certains utilisateurs en raison de sa commodité et de sa flexibilité. Par exemple, il serait probablement possible de le mettre à jour rapidement et relativement facilement, ou de l’utiliser pour d’autres objectifs de santé publique, comme rappeler aux gens quand ils doivent recevoir une dose de rappel.
Sur quelle base juridique pourrait-on imposer l'utilisation d'un passeport vaccinal ?
Le fondement juridique variera d’une juridiction à l’autre, car certaines provinces et certains territoires sont en train de mettre en place le cadre juridique nécessaire à ces documents, tandis que d’autres les rejettent. Une obligation imposant à une personne de présenter un passeport vaccinal pourrait être instaurée de manière similaire aux exigences relatives au port du masque que de nombreuses provinces et territoires ont adoptées. En Ontario, par exemple, nous disposons d’un règlement (546/20) pris en vertu de la Loi de 2020 sur la réouverture de l’Ontario (une réponse flexible à la COVID-19) qui rend obligatoire le port du masque à l’intérieur. Toute législation devrait bien sûr être constitutionnelle, ce qui constitue un critère fondamental et rigoureux.
Au niveau international, en ce qui concerne les voyages internationaux, le Comité d’examen du fonctionnement du Règlement sanitaire international (2005) dans le cadre de la riposte à la COVID-19 pourrait formuler des recommandations sur la manière de certifier le statut de voyageur sans risque, ce qui pourrait déboucher sur une modification du RSI qui, si elle était adoptée, s’appliquerait aux 196 pays signataires.
Il apparaît de plus en plus clairement, bien que cela soit regrettable, que des utilisations non réglementées des outils de passeport vaccinal se développent dans des lieux tels que les lieux de travail, les salles de concert, les stades ou d’autres environnements où il existe un intérêt privé à vérifier la sécurité ou, à tout le moins, à donner l’impression de s’y employer. Dans de tels cas, la légalité de ces pratiques nécessiterait un examen approfondi au sein de juridictions spécifiques, en tenant compte d’un ensemble de textes législatifs pertinents, notamment, mais sans s’y limiter, les lois sur la protection de la vie privée, les lois sur la santé et la sécurité, le droit du travail et la législation relative aux droits de l’homme.
L’ACLC reçoit souvent des questions précises concernant la légalité de certaines mesures prises par des organisations ou des entreprises. Par exemple :
Mon employeur peut-il m'obliger à me faire vacciner si je veux garder mon emploi ? Qu'en est-il des universités qui imposent la vaccination à mon enfant ?
Comme il s’agit d’une question juridique nouvelle, il est difficile d’apporter une réponse générale à votre question. Si vous avez des questions concernant votre situation professionnelle particulière, veuillez consulter un avocat ou la commission provinciale des droits de la personne. Une liste des ressources juridiques bénévoles au Canada, classées par province, est disponible auprès de l’Association du Barreau canadien, qui propose également un outil pour vous aider à trouver un avocat dans votre province ou territoire.
Les restaurants, les salles de sport et les salons de coiffure peuvent-ils n'autoriser l'accès qu'aux personnes entièrement vaccinées ?
Comme il s’agit d’une question juridique nouvelle, il est difficile d’apporter une réponse générale à votre question. Les entreprises sont soumises à la fois à la législation en matière de droits de la personne (qui interdit la discrimination fondée sur certains motifs) et à la législation sur la protection de la vie privée, qui limite les renseignements personnels qu’elles peuvent recueillir. Une liste des ressources juridiques par province est disponible ici. Pour obtenir des conseils juridiques concernant un refus de service spécifique, veuillez contacter votre commission locale des droits de la personne.
Que se passe-t-il au Canada ?
La situation évolue constamment, mais au 17 août 2021, les mesures prévues par les provinces et territoires canadiens ayant fait des annonces officielles sont les suivantes :
Le Manitoba délivre des cartes de preuve de vaccination aux personnes ayant reçu toutes les doses du vaccin. Les arrêtés sanitaires précisant les utilisations de cette carte, notamment la suppression des obligations de quarantaine après un voyage hors de la province, sont disponibles sur le site web de la province, ici.
Le Québec prévoit d’autoriser l’utilisation de son certificat de vaccination sous forme de code QR pour restreindre l’accès à certains types d’établissements et d’événements en cas de quatrième vague.
L’Alberta, la Saskatchewan et l’Ontario ont annoncé qu’elles ne mettraient pas en place de système provincial de passeport vaccinal.
Le 11 août 2021, le gouvernement fédéral a annoncé son intention de mettre en place un système national de preuve de vaccination pour les voyages internationaux.
Que disent les commissaires à la protection de la vie privée du Canada ?
Dans une déclaration commune publiée le 21 mai 2020 par les commissaires à la protection de la vie privée fédéraux, provinciaux et territoriaux, ceux-ci soulignent qu’au vu des risques sérieux pour la vie privée que cela comporte, toute initiative relative à un passeport vaccinal doit être nécessaire et fondée sur des données probantes, susceptible d’être efficace, et présenter des risques proportionnés aux avantages. Il doit également y avoir une base juridique claire, le consentement et la confiance, des mesures de protection et une surveillance indépendante, ainsi que des limites en termes de durée et de portée.
Combien de personnes sont actuellement vaccinées au Canada ?
Les données de juin 2021 indiquent que 88 % des Canadiens souhaitent se faire vacciner, 9 % s’y opposent catégoriquement et 3 % sont indécis. C’est un excellent taux. Au 17 août, près de 83 % des personnes éligibles âgées de 12 ans et plus avaient reçu une première dose, et 73 % avaient reçu deux doses.
Il est important de s’attacher à identifier et à éliminer les obstacles qui sont à l’origine de l’écart de 8 % entre les personnes qui déclarent vouloir se faire vacciner et celles qui ont reçu au moins une dose. Les gens ont-ils besoin d’un moyen de transport pour se rendre à un centre de vaccination ou de visites à domicile ? Ont-elles besoin de congés payés pour se faire vacciner, ou d’un soutien social leur permettant de prendre un congé maladie en cas d’effets secondaires sans risquer de perdre leur salaire ou leur emploi ? Font-elles partie d’une population ayant subi un racisme systémique de la part du système de santé, et quels types d’interventions pourraient favoriser la confiance dans ce contexte ? Si ce sont là les types d’obstacles qui existent pour la proportion relativement faible de la population qui est médicalement apte et disposée à se faire vacciner mais qui n’a pas encore été vaccinée, il sera important de veiller à ce qu’un projet de passeport vaccinal n’aggrave pas ces problèmes.
Et maintenant ?
Partout dans le monde, les gouvernements envisagent ou mettent en place des passeports vaccinaux, et les données scientifiques justifiant (ou non) leur utilisation sont en constante évolution. L’idée que le Canada puisse exiger une preuve de l’état de santé pour accéder à des services publics ou privés sur son territoire est en réalité une idée radicale. Radicale ne signifie ni mauvaise, ni bonne, mais cela signifie qu’il faut y réfléchir sérieusement sur les plans éthique, moral, social, sanitaire et juridique avant d’aller de l’avant. Nous ne devrions pas considérer ce type d’intervention comme allant de soi. Et il est facile de passer à côté de ce fait, car nous avons dû faire face à tant de restrictions, dans une période marquée par tant de peur et d’incertitude, que nous nous sommes lentement habitués à l’idée que la fin justifie les moyens lorsqu’il s’agit de la pandémie. Parfois, c’est le cas. Parfois, ce n’est pas le cas. Nous devons dépasser nos propres craintes et exiger des dirigeants gouvernementaux qu’ils dépassent les leurs, et soumettre chaque intervention, y compris les passeports vaccinaux, à une analyse rigoureuse fondée sur la science, la nécessité et la proportionnalité. À cet égard, comme pour chaque décision politique et chaque mesure technique que nous prenons afin de garantir la sécurité publique pendant cette pandémie, nous devons encore réfléchir, dès le départ, à ce à quoi nous voulons que notre pays ressemble aujourd’hui et à l’avenir.
Que fait l'ACLC ?
Nous écrivons aux gouvernements (notre première lettre date d’avril 2020) pour les mettre en garde contre les risques que cela ferait peser sur les droits si le Canada s’engageait dans la voie du passeport vaccinal. Nos dernières communications ont été adressées au gouvernement du Manitoba. Consultez notre rubrique « Mises à jour en direct sur la COVID » pour découvrir l’ensemble de nos communications passées et récentes concernant les passeports vaccinaux.
Nous nous exprimons dans la presse et les médias. En voici quelques exemples.
Message de notre directeur général, Michael Bryant :
- Les passeports vaccinaux sur CP24 (vidéo)
- « The Agenda » avec Steve Paiken : A-t-on besoin de passeports vaccinaux ? (vidéo)
Nous suivons de près les intentions de chaque province et examinons où et comment des mesures politiques ou d’autres types d’interventions pourraient avoir un impact.
Dernières informations et mises à jour concernant les passeports vaccinaux

L’ACLC au ministre : le fait de choisir de ne pas se faire vacciner ne devrait pas priver une personne de ses droits à l’assurance-emploi

Peur, dégoût et loi : repousser les limites de la réglementation du « bon » comportement

FAQ : Passeports vaccinaux

Réactions face aux « avantages » du nouveau passeport vaccinal

Lettre adressée au Manitoba concernant les passeports vaccinaux

L’ACLC débat des passeports vaccinaux sur TVO.org : notre lettre à l’origine du débat

Justificatif de vaccination




