Toronto, ON – L’Association canadienne des libertés civiles (ACLC) s’est jointe à la coalition  » Right 2 Your Face « , un groupe d’experts de la société civile, du monde universitaire et de l’industrie qui expriment de grandes inquiétudes quant à la réponse du gouvernement fédéral à la récente publication du rapport du Comité sur l’accès à l’information, la protection des renseignements personnels et l’éthique (ETHI),  » La technologie de reconnaissance faciale et le pouvoir grandissant de l’intelligence artificielle.  »

Aujourd’hui, une lettre de préoccupation commune a été envoyée au gouvernement et appelle à une action immédiate pour répondre à la gravité des défis causés par la technologie de reconnaissance faciale (FRT) et l’intelligence artificielle (IA). La lettre a été publiée sur right2yourface.ca, où la campagne de sensibilisation du public menée par l’ACLC et d’autres membres de la coalition, espère attirer l’attention nécessaire sur ces défis croissants. Le lancement de la campagne devrait avoir lieu dans les prochains mois.

« La réponse du gouvernement du Canada au rapport du Comité ETHI montre que le Parlement n’en fait pas assez pour prendre au sérieux la réglementation du TRF et de l’IA. Cette coalition d’experts de tout le Canada ont uni leurs voix pour dire au gouvernement canadien et à la population du Canada qu’il est urgent et prioritaire d’adopter une législation adaptée qui freine les risques que pose le FRT pour la vie privée et les droits de l’homme « , ont déclaré Daniel Konikoff, directeur intérimaire du Programme de protection de la vie privée, de la technologie et de la surveillance à l’ACLC, et Brenda McPhail.

L’ACLC a rejoint une coalition croissante qui estime que dans sa réponse, le gouvernement n’a pas tenu compte de bon nombre des recommandations clés formulées par le Comité ETHI. Le gouvernement s’est plutôt appuyé sur les changements législatifs qu’il avait promis d’apporter aux lois fédérales sur la protection de la vie privée dans le secteur privé au Canada dans le projet de loi C-27. Malheureusement, dans sa forme actuelle, ce projet de loi ne répond pas aux préoccupations et, à l’instar de la loi actuelle, obsolète, il est incapable de faire face aux risques et défis sérieux causés par l’adoption et le déploiement des technologies de reconnaissance faciale.

« La technologie de reconnaissance faciale, combinée à des systèmes d’IA de plus en plus sophistiqués, constitue une menace unique pour la liberté et les droits de l’homme. Cette lettre ouverte propose non seulement un moratoire sur la technologie de reconnaissance faciale, à l’instar de nombreuses autres juridictions internationales, notamment aux États-Unis et en Europe, mais elle établit également un cadre clair pour une réglementation plus solide de l’IA et un leadership fédéral. C’est essentiel pour la santé à long terme de la démocratie canadienne », a souligné Jon Penney, juriste et chercheur en sciences sociales à la Osgoode Hall Law School de l’Université York.

« Il est grand temps de prendre des mesures concernant la technologie de reconnaissance faciale », a déclaré Christelle Tessono, chercheuse en politique technologique et membre du comité directeur de Right2YourFace. « Un nombre croissant de rapports font état d’utilisations illégales de cet outil au Canada. Pour prévenir les préjudices – en particulier les risques disproportionnés pour les groupes marginalisés – le gouvernement doit agir maintenant et réglementer. »

« Les organisations privées et publiques ont de nombreuses raisons de développer et de mettre en œuvre des technologies de reconnaissance faciale basées sur l’IA qui bafouent le droit à la vie privée », a déclaré Mike Larsen, président de la BC Freedom of Information and Privacy Association. « Il est urgent que les gouvernements adoptent des réglementations solides, progressives et exhaustives, avant que ces technologies ne se normalisent et ne s’installent durablement. »

Dans sa lettre, la coalition souligne les principales recommandations d’action gouvernementale formulées par le comité ETHI.

La coalition espère que le gouvernement reconsidérera les recommandations faites par le Comité ETHI lorsqu’il cherchera à amender et à développer une nouvelle législation. En outre, au fur et à mesure que les réglementations visant à résoudre les problèmes posés par le FRT progressent dans le processus législatif, l’ACLC et ses partenaires se réjouissent de travailler avec le gouvernement pour élaborer un cadre réglementaire solide.

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La lettre ouverte et les recommandations sont disponibles ici.

À propos de l’Association canadienne des libertés civiles
L’ACLC est une organisation indépendante à but non lucratif qui compte des sympathisants dans tout le pays. Fondée en 1964, l’ACLC est une organisation nationale de défense des droits de la personne qui s’engage à défendre les droits, la dignité, la sécurité et les libertés de toutes les personnes au Canada.

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