Même si nous ne pouvons pas être à vos côtés en personne, l’Association canadienne des libertés civiles est aujourd’hui avec vous en pensée pour soutenir l’appel en faveur de la justice reproductive au Nouveau-Brunswick.
Nous tenons à remercier et à féliciter les organisateurs de cet événement important, ainsi que les nombreux militants qui se sont mobilisés pour promouvoir l’accès à l’avortement dans cette province.
L’Association canadienne des libertés civiles (ACLC) est une organisation nationale indépendante qui défend les droits et libertés de tous les Canadiens et Canadiennes. À ce titre, le droit à l’avortement et l’accès à cette pratique constituent depuis longtemps des sujets de préoccupation pour nous, à l’ACLC.
Après tout, le droit aux soins de santé est un droit humain fondamental qui appartient à tous. Et l’avortement est une forme essentielle et cruciale de soins de santé qui doit être disponible, financée par les fonds publics et accessible aux femmes, aux jeunes filles et aux personnes transgenres.
Et pourtant, en 2020, contrairement à la jurisprudence et aux bonnes pratiques, les femmes, les filles et les personnes LGBTQ+ sont toujours victimes d’une discrimination flagrante en vertu du règlement 84-20 de la Loi sur le paiement des services médicaux, qui refuse le financement des avortements pratiqués en dehors des hôpitaux (et ceux-ci n’existent que dans deux villes), rendant ainsi l’avortement soit inaccessible, soit totalement indisponible dans la plupart des régions du Nouveau-Brunswick.
Cette réglementation anti-avortement est en vigueur dans la province depuis bien trop longtemps, et il est grand temps que le gouvernement l’abroge.
Le rôle du gouvernement est de protéger la santé de ses citoyens. Il ne consiste pas à ériger des obstacles qui portent préjudice aux femmes, aux filles et aux personnes transgenres vulnérables, ni à porter atteinte à leurs droits.
En maintenant la réglementation anti-avortement :
Les filles, les femmes et les personnes transgenres qui n’ont pas accès à des avortements sûrs et abordables peuvent se tourner vers des solutions dangereuses, au péril de leur santé et de leur sécurité, ou se retrouver confrontées à des grossesses non désirées, ce qui entraîne de graves préjudices tant sur le plan personnel que sociétal ; et
La clinique 554 va très certainement fermer ses portes, ce qui privera les groupes minoritaires vulnérables et marginalisés d’un espace sûr indispensable, de soins liés à l’avortement et d’autres traitements délicats qui peuvent être difficiles à obtenir ailleurs pour les personnes démunies et marginalisées qui en auraient peut-être le plus besoin.
Il ne suffit pas de répondre – comme le gouvernement a tenté de le faire – que la province ne finance pas les cliniques privées. C’est tout simplement faux. Le Nouveau-Brunswick peut financer, et finance effectivement, les soins de santé dispensés dans les cabinets médicaux et les cliniques de toute la province.
En effet, rien ne justifie de priver les femmes, les filles et les personnes transgenres du droit de choisir et de la possibilité d’avoir recours à l’avortement, qui constitue un service de santé fondamental.
C’est pourquoi nous prenons la parole aujourd’hui. Aux côtés de vous et des nombreux militants pour la justice reproductive à travers le Nouveau-Brunswick, nous exigeons, par devoir de droit et de conscience, que le règlement anti-choix restreignant le financement de l’avortement soit abrogé immédiatement.
À propos de l'Association canadienne des libertés civiles
L’ACLC est une organisation indépendante à but non lucratif qui compte des sympathisants dans tout le pays. Fondée en 1964, l’ACLC est une organisation nationale de défense des droits de l’homme qui s’engage à défendre les droits, la dignité, la sécurité et les libertés de toutes les personnes au Canada.
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