OTTAWA – L’Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry (ACSEF), l’Association canadienne des libertés civiles (ACLC), la Société John Howard du Canada (SJH) et le Black Legal Action Centre (BLAC) réclament des changements à la réforme de la mise en liberté sous caution, avertissant que les changements prévus sont dangereux et qu’ils nuiront à la sécurité publique.

Dans une lettre envoyée aujourd’hui aux Premiers ministres, des groupes de la société civile ont tiré la sonnette d’alarme. Les Premiers ministres demandent au Canada d’introduire des réformes de « renversement de la charge de la preuve » qui transfèrent le fardeau du gouvernement à l’accusé.

« Les dispositions relatives à l’inversion de la charge de la preuve ne corrigeront pas le dysfonctionnement du système canadien de mise en liberté sous caution ; elles alourdiront un système déjà épuisé. Les taux de détention provisoire du Canada sont une source d’embarras au niveau international et remettent en question le fait que les droits à la présomption d’innocence et à une mise en liberté sous caution raisonnable soient pris au sérieux dans ce pays », ont écrit les membres du groupe dans leur lettre.

Lors d’une conférence de presse tenue aujourd’hui, Catherine Latimer, directrice générale de la Société John Howard du Canada, a ajouté : « Je suis très heureuse de pouvoir vous aider :

« Les taux de détention provisoire au Canada sont une source d’embarras au niveau international et les provinces ont également la responsabilité de s’attaquer à ce dysfonctionnement qui nuit à tant de personnes et compromet la sécurité publique. Nous demandons aux Premiers ministres de soutenir un examen des pratiques de détention provisoire fondé sur des données probantes ».

« Les premiers ministres du Canada devraient concentrer tous leurs efforts sur l’investissement dans les déterminants sociaux de la santé, comme l’éducation, le logement, les soins de santé et d’autres soutiens sociaux. Au lieu de cela, ils ont demandé au gouvernement fédéral d’incarcérer davantage de personnes, dont beaucoup ne seront statistiquement jamais condamnées. En outre, il est irresponsable d’appeler à plus d’incarcération sans aborder ou reconnaître l’état déplorable des prisons provinciales et de la capacité judiciaire au Canada. En termes simples, la présomption d’innocence doit avoir un sens dans ce pays », a ajouté Emilie Coyle, directrice générale de l’Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry.

« Chaque personne au Canada mérite d’être entendue par un tribunal avant d’être condamnée pour un crime et potentiellement envoyée en prison. C’est pourquoi la mise en liberté sous caution – le fait de ne pas être maintenu en prison dans l’attente d’un procès – est un droit constitutionnel en vertu de la Charte canadienne des droits et libertés. Le projet de loi C-48 porte atteinte à la liberté en rendant plus difficile l’accès à la mise en liberté sous caution. Il est possible de faire respecter le droit à une caution raisonnable et d’améliorer la sécurité publique, par exemple en investissant dans le soutien social et communautaire. Le Canada peut et doit faire mieux que le projet de loi C-48″, a déclaré Shakir Rahim, directeur du programme de justice pénale à l’Association canadienne des libertés civiles.

Lien vers la conférence de presse : https://www.cpac.ca/episode?id=a8cc6627-40b9-41d3-b05b-6f7617f6ebf2

Lien vers la lettre commune adressée aux Premiers ministres provinciaux et territoriaux : cliquez ici.

À propos de l’Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry
L’ACSEF s’efforce de remédier aux façons persistantes dont les femmes et les personnes de sexe différent touchées par la criminalisation sont privées de leur humanité et exclues de la communauté. La vision de l’ACSEF est celle d’un monde sans prison, avec des communautés fortes et bien dotées en ressources pour tous.

À propos de la Société John Howard du Canada
La Société John Howard du Canada est un organisme de bienfaisance national qui s’engage à apporter des réponses justes, efficaces et humaines aux causes et aux conséquences de la criminalité. Au Canada, elle cherche depuis longtemps à améliorer le système de justice pénale en s’appuyant sur des données probantes et des principes, et à soutenir les personnes qui en subissent les conséquences.

À propos de l’Association canadienne des libertés civiles
L’ACLC est une organisation indépendante à but non lucratif qui compte des sympathisants dans tout le pays. Fondée en 1964, l’ACLC est une organisation nationale de défense des droits de la personne qui s’engage à défendre les droits, la dignité, la sécurité et les libertés de toutes les personnes au Canada.

À propos du Black Legal Action Centre
Créé en 2017, le Black Legal Action Centre (BLAC) est une clinique juridique communautaire indépendante à but non lucratif qui lutte contre le racisme anti-Noir individuel et systémique en fournissant des services juridiques gratuits, en menant des recherches, en élaborant des documents d’éducation juridique publique et en s’engageant dans des litiges de causes types et dans la réforme du droit.

Contact presse :
Alex Nanoff – 613.709.6318
Media@ccla.org

About the Canadian Civil Liberties Association

The CCLA is an independent, non-profit organization with supporters from across the country. Founded in 1964, the CCLA is a national human rights organization committed to defending the rights, dignity, safety, and freedoms of all people in Canada.

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