Article rédigé par George et Terry Goulet

Nous sommes des historiens, auteurs et conférenciers métis indépendants, qui militons pour la justice et l’égalité des droits pour tous les peuples autochtones d’un océan à l’autre. Parmi les livres, chapitres de livres et articles que nous avons rédigés figure notre ouvrage publié en 1999 Le procès de Louis Riel : justice et clémence refusées. Louis Riel a été jugé et exécuté en vertu d’une loi anglaise vieille de 534 ans pour haute trahison.

Entre autres choses, cet ouvrage propose une analyse juridique critique des chefs d’accusation fondés sur cette loi archaïque, ainsi que d’autres textes législatifs et de la jurisprudence. La conclusion de nos recherches approfondies et entièrement documentées est qu’au moment de son procès, les accusations portées en vertu de cette ancienne loi n’étaient pas applicables au Canada. Par conséquent, Louis Riel a été injustement accusé, injustement jugé et injustement exécuté. Pour que le Canada puisse rectifier cette parodie de justice, Louis Riel doit être innocenté.

George est un avocat à la retraite et titulaire d’un master en droit avec une spécialisation en droit constitutionnel, tandis que Terry est un rédacteur juridique à la retraite qui travaillait pour une maison d’édition juridique internationale.

Une coalition regroupant des groupes métis du Québec, du Manitoba et de la Colombie-Britannique a été formée afin de demander au gouvernement fédéral de réhabiliter Louis Riel, figure emblématique du peuple métis. Parmi ces organisations figure l’Union nationale métisse de Saint-Joseph du Manitoba, fondée en 1887 notamment par Joseph, le frère de Louis Riel, et Pierre Delorme, l’arrière-grand-père de George Goulet, qui avait été membre du gouvernement provisoire de Louis Riel. Le grand-oncle de George était le martyr métis Elzear Goulet, qui fut lapidé à mort en 1870 pour son implication dans la résistance de la rivière Rouge.

En tant qu’historiens métis indépendants, nous ne sommes PAS entravés par des liens financiers ni par les mesquineries de la politique métisse. Nous avons rejoint cette coalition afin de donner la parole à tous les peuples métis et non métis, d’un océan à l’autre, qui estiment que la justice et les droits des Métis sont essentiels et qui soutiennent la réhabilitation de Louis Riel.

Cette réhabilitation n’entraînera aucun coût financier pour le gouvernement fédéral. La Coalition sollicite un soutien et une aide non financiers afin de rendre justice à Louis Riel et aux peuples métis du Canada en obtenant la réhabilitation de Louis Riel. Riel a été condamné pour haute trahison et exécuté en 1885 en vertu d’une ancienne loi britannique vieille de 534 ans qui n’était pas applicable au Canada. Son procès a été injuste, inéquitable et illégal.

Riel s’est battu pour la démocratie et les droits fondamentaux de l’homme, ainsi que pour d’autres droits, non seulement pour les Métis, mais aussi pour tous les habitants de l’Ouest canadien. Des centaines de milliers de citoyens métis issus de la base, de Canadiens non métis et d’organisations estiment que les droits des Métis sont importants, notamment en ce qui concerne la justice et la réhabilitation de Louis Riel.

La petite-petite-nièce de Riel, Jean Teillet, ainsi que le président de la Fédération des Métis du Manitoba ont tenu certains propos qui confondent les faits relatifs à l’acquittement de Louis Riel avec la politique métisse. Voici un exemple de leurs opinions erronées.

Mme Teillet déclare : « Cela n’apporte rien de bon. Je ne veux pas blanchir l’histoire, et je ne pense pas que cela serve à quoi que ce soit », a déclaré Mme Teillet à paNOW. « Cela ne blanchit pas son nom. Les grâces ou les réhabilitations ne relèvent pas de la justice, mais de l’opportunisme politique. » Il s’agit là de son opinion personnelle, qui est tout à fait erronée.

Comparaison entre la grâce et la réhabilitation

Depuis de nombreuses années, on confond souvent la différence fondamentale entre « grâce » et « acquittement » en ce qui concerne le grand héros métis Louis Riel. Or, les définitions du dictionnaire montrent que ces termes sont diamétralement opposés. Le « pardon » signifie « pardonner » à quelqu’un qui a commis un crime ou une faute et implique la miséricorde et la clémence. L’« exonération » signifie déclarer une personne libre de toute culpabilité, innocente de tout crime, et annuler sa condamnation. Il ne s’agit en aucun cas d’un acte de miséricorde, de clémence ou de pardon, comme c’est le cas pour le pardon.

Une réhabilitation signifie qu’une personne s’est rendue coupable d’une infraction, qu’elle a payé sa dette envers la société et qu’elle est pardonnée pour cette infraction. Étant donné qu’une réhabilitation suppose qu’une infraction pénale ait été commise, elle est prévue par le Code criminel du Canada ou la Loi sur le casier judiciaire. Le débat sur la réhabilitation ou le pardon n’a AUCUN rapport avec la déclaration d’innocence de Riel et son acquittement.

L’exonération signifie que la personne n’a jamais été coupable de l’infraction en question. Elle n’est prévue ni dans le Code criminel du Canada ni dans la Loi sur le casier judiciaire. Le gouvernement du Canada peut exonérer Louis Riel par divers moyens qui permettront d’annuler sa condamnation pour haute trahison et de le déclarer innocent.

Nous avons connaissance de quatre sources historiques précises qui indiquent que la famille Riel était favorable à l’acquittement de Louis Riel. Elles ne soutiennent pas sa grâce, car cela laisserait à Riel un casier judiciaire et impliquerait un pardon et une clémence dont Riel n’a pas besoin. L’exonération et la grâce sont deux notions diamétralement opposées. L’exonération signifie que la condamnation d’une personne est annulée et qu’elle est déclarée innocente des chefs d’accusation.

En vertu de la législation canadienne actuelle, Louis Riel est aujourd’hui un TRAÎTRE CONDAMNÉ. Cette tache ne doit pas perdurer. Riel doit être innocenté au nom de la justice.

Voici des citations de la famille Riel en faveur (et NON contre) de la réhabilitation.

i) Article intitulé « La famille Riel réclame la réhabilitation du leader métis ». Cet article a été publié dans le magazine Alberta Sweetgrass, vol. 5, n° 6, 1998, et signé à Saint-Boniface. Il est accessible à l’adresse suivante : ammsa.com>publications>alberta-sweetgrass>riel-family. Leo Teillet y est cité.

ii) 67 Sask L. Rev. 359, 2004. Voir la page 363, où la famille Riel déclare dans une déclaration qu’elle souhaite un projet de loi parlementaire annulant la condamnation de Riel et qu’elle ne soutiendra pas une grâce. Elle est manifestement consciente de la différence fondamentale qui existe entre la réhabilitation et la grâce.

iii) Dans un ouvrage publié en 2016 par les éminents professeurs Gerhard Ens et Joe Sawchuk, intitulé « From New Peoples to New Nations, Aspects of Métis History… », les auteurs écrivent ce qui suit : « La sénatrice métisse Thelma Chalifoux estime que les dirigeants métis qui s’opposent aux projets de loi visant à disculper Riel sont “déconnectés du peuple métis”. Cette accusation n’est peut-être pas sans fondement. Lorsque Denis Coderre [ancien député et maire de Montréal] tentait d’obtenir du soutien pour son projet de loi d’initiative parlementaire, il a pu compter sur l’appui d’une centaine de membres de la famille de Riel ».

Il convient d’ajouter que la sénatrice Thelma Chalifoux, de St. Albert, en Alberta, que nous connaissions bien, était présidente du Comité sénatorial permanent des peuples autochtones ; c’était une véritable figure de proue et une visionnaire au sein de la communauté métisse. Nous lui avons consacré un portrait dans notre best-seller de 2006 intitulé « Les Métis. Événements mémorables et personnalités mémorables » et avons découvert qu’elle avait une personnalité attachante et un véritable sens de l’humour. Malheureusement, elle est décédée au cours de la dernière décennie.

iv) Dans la nécrologie publiée en mai 2014 à la suite du décès de Leo Teillet, avocat métis de Winnipeg et ancien directeur de la Fédération des Métis du Manitoba, on pouvait lire : « Leo était un descendant direct de Louis Riel, qu’il a défendu par la voie judiciaire afin de le disculper des accusations de trahison qui pesaient sur lui depuis longtemps. »

Quant au procès de Riel lui-même, notre ouvrage publié en 1999 est un livre historique entièrement factuel et documenté qui a mis en lumière l’injustice, l’iniquité et l’illégalité du procès, de la condamnation et de l’exécution de Riel pour haute trahison en 1885. Il a également mis en lumière de manière flagrante les irrégularités politiques, judiciaires et juridiques entourant le procès de Riel, depuis les plus hautes sphères, à commencer par le premier ministre John A. Macdonald, et a confirmé tous ces faits à l’aide de sources. Nos trois ouvrages sur les Métis, entre autres, sont disponibles dans de nombreuses bibliothèques publiques et universitaires. Nous espérons terminer notre quatrième ouvrage sur les Métis sous peu.

Nous terminons ces remarques en précisant que « La justice pour Louis Riel passe par sa réhabilitation » est le titre d’un article que nous avons rédigé. Cette réhabilitation constituera un premier pas vers la réconciliation entre le Canada et le peuple métis, qui fait partie des Premiers Peuples du Canada.

VIVE LA MÉMOIRE DE LOUIS RIEL.

Nous tenons à rendre hommage à la nation Sechelt, sur les terres non cédées de laquelle nous rédigeons cet article. Nous nous trouvons sur la magnifique Sunshine Coast, en Colombie-Britannique.

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