MISE À JOUR : La loi sur la réforme des services de police de l’Ontario a été adoptée le 9 mars 2018. Le projet de loi 175, tel que modifié par la commission et adopté en troisième lecture, est disponible ici.
Hier, le gouvernement provincial de l’Ontario a conclu les audiences de la commission sur la Loi pour un Ontario plus sûr, une loi qui apporterait des changements importants au système de surveillance et de responsabilisation de la police en Ontario. L’ACLC a comparu devant la commission pour recommander plusieurs modifications nécessaires au projet de loi.
L’Association canadienne des libertés civiles milite depuis longtemps en faveur d’une réforme des services de police en Ontario. Depuis des décennies, les services de police de la province souffrent de lacunes en matière de responsabilité, de contrôle et de transparence. Une refonte législative de la Loi sur les services de police de l’Ontario, désormais obsolète, est nécessaire pour commencer à remédier à ces lacunes.
La Loi pour un Ontario plus sûr vise principalement à renforcer la responsabilité, la surveillance et la transparence en Ontario en mettant en œuvre la plupart des recommandations formulées par le juge Tulloch dans son Rapport sur l’examen indépendant de la surveillance policière. Cependant, les recommandations du juge Tulloch découlent de consultations publiques qui ont révélé des niveaux alarmants de méfiance à l’égard des services de police de l’Ontario et de leurs organismes de surveillance et de responsabilité, y compris une préoccupation généralisée concernant la discrimination systémique au sein des services de police ontariens. Si bon nombre des réformes proposées par la Loi pour un Ontario plus sûr pourraient contribuer à s’attaquer à ce problème omniprésent de méfiance, des efforts considérables seront nécessaires pour garantir que tout nouvel organisme de surveillance et de responsabilité soit véritablement indépendant des services de police qu’il supervise. Des efforts considérables seront également nécessaires pour garantir que tout nouvel organisme de surveillance et de responsabilisation soit doté d’un financement adéquat et soit disposé à faire usage des pouvoirs qui pourraient lui être conférés.
Notre principale recommandation est que le projet de loi du gouvernement soit modifié afin de conférer des pouvoirs plus étendus aux autorités civiles chargées de superviser les services de police. Les fonctionnaires et les commissions de surveillance doivent jouer un rôle actif et éclairé sur les questions ayant un impact significatif sur les droits des résidents protégés par la Charte et le Code, telles que la pratique du « carding » ou la question générale du profilage racial ou social. Comme nous le soulignons dans nos mémoires, les autorités civiles sont souvent inutilement entravées dans leurs obligations de surveillance et de reddition de comptes par les services de police, qui soutiennent que toute tentative de régler ces questions reviendrait à porter atteinte à leur indépendance opérationnelle. En conséquence, nous recommandons plusieurs modifications visant à renforcer et à clarifier les pouvoirs et les responsabilités des autorités civiles en matière d’élaboration et de mise en œuvre des politiques et directives policières, ainsi que plusieurs modifications qui exigeraient que ces politiques et directives soient rendues publiques.
À propos de l'Association canadienne des libertés civiles
L’ACLC est une organisation indépendante à but non lucratif qui compte des sympathisants dans tout le pays. Fondée en 1964, l’ACLC est une organisation nationale de défense des droits de l’homme qui s’engage à défendre les droits, la dignité, la sécurité et les libertés de toutes les personnes au Canada.
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